Les Ty Beanie Babies (n° 1)
Les Ty Beanie Babies s’imposent comme les rois incontestés des bulles spéculatives. À la fin des années 1990, une tempête parfaite mêlant engouement alimenté par Internet, retraits calculés de produits et frénésie des consommateurs a conduit les adultes à traiter ces animaux en peluche remplis de granulés comme des actions de premier ordre. Il n’était pas rare que des gens quittent leur emploi en entreprise pour se consacrer au day-trading de ces jouets, et certaines variantes spécifiques, comme l’ours violet « Princesse Diana », faisaient l’objet de rumeurs selon lesquelles elles vaudraient jusqu’à 500 000 dollars, ce qui a poussé des familles à investir toutes leurs économies dans des peluches.
L’effondrement fut total et dévastateur. Ty avait secrètement produit ces jouets en masse, par cargaison entière, anéantissant ainsi toute rareté réelle une fois que la panique artificielle des consommateurs s’est apaisée. Aujourd’hui, 99,9 % de tous les Beanie Babies valent moins de 5 dollars. Les rumeurs historiques circulant sur Internet concernant des prix s’élevant à mille dollars sont sans cesse démenties par les données réelles issues des ventes aux enchères. On les trouve régulièrement entassés dans des bacs en carton destinés aux dons dans les friperies, vendus 1 dollar pièce, leurs « Heart Tags » en plastique immaculés servant de monument permanent à la plus grande illusion jamais vécue par les collectionneurs de toute l’histoire de l’humanité.