Le formulaire de transfert avait été déposé, et Brennan devait intégrer une autre section d’anglais après les vacances d’hiver. Mme Nair s’était attendue à ce qu’une fois la note fixée, il se fasse discret et attende que la situation se calme. Au lieu de cela, il avait baissé sa garde. Deacon avait obtenu un A- pour la défense. Brennan le savait, car les notes étaient publiées en ligne. Il semblait que le fait d’avoir été publiquement devancé par l’élève le plus discret de la classe n’était pas quelque chose que Brennan pouvait laisser passer.
La capture d’écran est arrivée anonymement dans la boîte mail de Mme Nair un mardi soir. Il s’agissait d’une image d’une discussion de groupe privée. Le nom de Brennan figurait en haut du fil de discussion. Les messages étaient directs et précis : ils citaient Deacon, faisaient référence à sa soutenance et comprenaient une phrase qui ne laissait aucune place à l’ambiguïté : « Ce n’est pas parce qu’il est le chouchou de Mme Priya qu’il n’est pas ce qu’il est… » Le reste du message était truffé de jurons et d’insultes. C’était vicieux et humiliant.
Trois autres élèves avaient réagi en riant. L’heure et la date étaient clairement indiquées. Mme Nair l’a lu deux fois, l’a enregistré, puis a ouvert son dossier de documentation — celui-là même qu’elle constituait depuis septembre. Elle y ajouta la capture d’écran, nota la date et l’heure, puis écrivit une ligne en dessous : « Transmis au proviseur Harmon avec le contexte complet de l’incident, mardi à 7 h 45. » Elle rédigea ensuite l’e-mail et l’envoya avant de partir pour l’école.