Une enseignante en a assez des frasques du tyran de la classe — elle prend cette mesure pour lui donner, ainsi qu’à ses parents qui se croient tout permis, une bonne leçon…

Brennan Holloway avait quinze ans, il était grand et beau, et il en était conscient. Il est arrivé le premier jour de la rentrée en portant une montre qui coûtait plus cher que la mensualité automobile de Mme Nair. Elle l’avait remarquée non pas parce qu’elle s’intéressait aux montres, mais parce qu’il s’était discrètement assuré que tout le monde dans la salle la remarque dès les dix premières minutes. Mme Priya avait également remarqué comment il avait réussi, d’une manière ou d’une autre, à faire céder les autres élèves, alors qu’il choisissait le pupitre offrant la meilleure vue sur la porte.

Le plus surprenant, c’est qu’il n’éleva jamais la voix. Elle n’entendit pas exactement ce qu’il dit aux autres, mais ceux-ci se rangèrent rapidement à son choix. En moins d’une semaine, il avait identifié ceux avec qui cela valait la peine de discuter, ceux qui pouvaient lui être utiles et — même si Mme Nair mit un peu plus de temps à s’en rendre compte — ceux qu’il pouvait discrètement manipuler.

En apparence, il était charmant. Il faisait rire la classe, répondait aux questions quand cela l’arrangeait et avait juste assez de talent pour faire passer sa paresse pour de l’ennui plutôt que pour de l’évitement. C’était le genre d’élève que certains professeurs appréciaient en silence, car il animait la classe. Mme Nair savait reconnaître un tyran quand elle en rencontrait un — elle savait que l’énergie qu’il dégageait n’était pas la même que celle qu’il déployait quand personne ne le surveillait.