De plus en plus de personnes sont venues. Et d’autres sont partis. Chauncy demandait à chaque fois, avec soin et respect, comme il l’avait toujours fait. Parfois, ils ne l’entendaient pas. Parfois, ils faisaient semblant de ne pas l’entendre. Quelques-uns lui donnèrent un « non » rapide sans même ralentir. Chaque refus était petit en soi. Mais ensemble, ils se sont transformés en quelque chose de plus lourd. Quelque chose de plus difficile à ignorer.
Au bout d’un moment, Chauncy n’avance plus aussi vite. Sa voix se fit plus discrète. Les mots qu’il avait répétés dans sa tête pendant tout le trajet commençaient à lui sembler plus difficiles à prononcer. Pourtant, il ne s’arrêta pas. Il ne pouvait pas. Une femme sortit, ajustant la lanière de son sac à main tout en tenant deux sacs d’épicerie dans une main. Chauncy hésita un instant, puis s’avança quand même.
« Madame, puis-je vous aider à porter ces sacs ? Juste pour un petit quelque chose à manger ? » Elle s’est arrêtée. Elle le regarda. Pas devant lui. Pas à travers lui. Elle l’a regardé. Chauncy sentit sa poitrine se serrer légèrement. L’attente.
Pas pour un oui. Juste… pas pour un autre non.