Nora ne s’arrêta pas au grand livre. Elle passa une semaine plongée dans des archives poussiéreuses et labyrinthiques, qui conservaient encore les dossiers de l’affaire Calloway datant de 1921. Les doigts tachés de suie, elle passa au crible les documents juridiques, les notes de service et, enfin, une cachette de correspondance privée qui n’avait jamais été présentée devant un tribunal.
L’avocat qui avait fait invalider le testament d’Edward s’appelait George Hartley. Enfouie au plus profond des archives, Nora découvrit l’objection juridique originale — un document affirmant que la clause de paternité était nulle car elle faisait référence à une « entité inexistante ». Le langage était froid, précis et tout à fait frauduleux. Le cabinet savait parfaitement qui était Eleanor.
Trois générations plus tard, c’était l’actuel Hartley qui était aux commandes. Lorsque Douglas Peel était venu réclamer la succession huit mois plus tôt, Hartley avait dû tomber par hasard sur le testament original d’Edward. Il avait sûrement vu le nom d’Eleanor, et pourtant, c’était Peel qui héritait de la succession. Elle devait en savoir plus, et vite.