Pendant une seconde, Chauncy n’a pas bougé. Puis, lentement… Il a fouillé dans sa poche. Et les sortit. Deux barres chocolatées. Un petit encas. Froissés d’avoir été serrés trop fort. « Je ne les ai pas volés. » Les mots sont sortis rapidement. Trop vite. « On me les a donnés à l’extérieur. J’étais juste… » « Ils viennent de ce magasin. » Le gérant lui a coupé la parole. Plat. Certain. Chauncy cligna des yeux. « Non, ils ne le sont pas, je veux dire, ils le sont, mais je ne les ai pas pris. Quelqu’un me les a donnés, je le jure. »
Le directeur s’est rapproché, sa voix s’est faite plus grave. « Vous savez de quoi ça a l’air ? » La poitrine de Chauncy se serre. « Vous le laissez tomber », poursuit le gérant, « puis vous l’attrapez comme si vous vouliez que personne ne le voie » « J’ai paniqué », dit Chauncy. « J’ai juste… » « Et vous avez continué », a dit le gérant. « En remplissant vos poches. » Comme un verdict.
« Je n’ai rien volé », répète Chauncy. Mais cette fois, iln’a pas l’air très fort.