La broyeuse rugit en s’éveillant comme une tronçonneuse enragée. Bram ouvrit le premier fût et y déversa à la pelle une masse grise et en fermentation composée d’entrailles de calmars, de têtes de poissons, de vieux appâts, de carapaces de crabes et de déchets de transformation si putrides que l’air lui-même semblait reculer.
La machine broya le tout en un jet chaud et humide d’horreur marine. Au même moment, Tess projetait de la boue noire, des fientes de mouettes, des algues et des années de pourriture accumulée sur les pilotis. Le vent capta parfaitement cette puanteur et la transporta tout droit vers les amarrages de luxe.