Refusant d’abandonner, Mary a appelé sa fille Sarah, qui est arrivée le lendemain matin avec une solution tactique : une caméra GoPro haute définition montée discrètement sur l’avant-toit, offrant une vue parfaite du verger. Elle a également amené Buster, son berger allemand massif et férocement protecteur. À 2 heures du matin, cette nuit-là, l’arrière-cour s’est transformée en un véritable chaos. Buster jeta toute sa carcasse de quatre-vingts livres contre la porte-fenêtre en verre, déclenchant un barrage d’aboiements féroces qui firent trembler les fenêtres. Dehors, on entendit un jappement aigu et terrifié, le bruit d’un corps lourd s’écrasant violemment contre un buisson, et une course effrénée par-dessus la clôture.
Le lendemain matin, Mary et Sarah ont visionné les images avec impatience. Sur l’écran, on pouvait voir une personne encapuchonnée charger avec assurance des fruits dans un sac en toile de jute. Soudain, le premier aboiement de Buster retentit. Le voleur sursaute de terreur, perd pied et trébuche sur les hortensias de Mary. Dans sa chute, sa capuche s’accrocha à une branche pointue, se retirant complètement pour révéler son visage sous la lumière croustillante de la lune. Le cœur de Mary s’effondre. C’était Arthur, le bien-aimé président de longue date du comité de la foire du comté. Tout s’explique : il la sabotait pour que sa femme, Beatrice, toujours deuxième, puisse enfin gagner.