« C’est Barnaby », dit le commerçant à voix basse, en s’appuyant sur le comptoir. « Il appartenait à Toby, un violoncelliste qui vivait dans l’appartement situé juste au-dessus de cette boutique. Ils étaient inséparables. On ne voyait jamais l’un sans l’autre. Toby avait l’habitude de l’amener ici pendant que je travaillais sur ses cordes. Barnaby restait allongé, écoutant la musique comme s’il en comprenait chaque note. »
Le commerçant explique que Toby était une étoile montante de l’orchestre symphonique local, un musicien qui travaillait tard le soir dans les salles de concert de la ville. Tous les matins, à 6h15 précises, Toby descendait du bus 402, revenant de ses répétitions ou de ses concerts nocturnes. Barnaby est là, à l’arrêt, et l’accompagne sur les trois derniers pâtés de maisons qui le séparent de son domicile. C’était leur rituel, un pacte de loyauté silencieux et sacré.